plan de la ville
WEREWOLF BY NIGHT

Werewolf by Night (vol.2) Une création de Paul Jenkins & Leonardo Manco Strange Tales from MARVEL, 1998.



L’éternel effet trompeur des couvertures de comics !

Les connaisseurs de cette série attendaient sans doute beaucoup de la suite des mésaventures d’un loup-garou nommé Jack Russell. Aussi, lorsque le premier tome prit place sur les étalages des boutiques spécialisées, avec les couleurs aquarelles torturées de sa double couverture, on pouvait espérer quelques réjouissances. Pourtant, dés cette couverture tournée, la curiosité et l’enthousiasme font place à une grimace de lassitude : encore un de ces comics au dessin bâclé !

Réalisme ennuyeux, physionomie schématique au point, souvent, de frôler des difformités ridicules, encrage grossier, couleurs fanées se perdant derrière des pâtés lourds et disgracieux de noir. Noir ! Noir ! Noir ! Tout se perd dans ces gribouillis noirs, toute émotion, tout effet et l’histoire elle-même en souffre.

“ Gregori, l’ancêtre de Jack Russell, a introduit la malédiction de la lycanthropie dans la famille lorsqu’il fut mordu par un loup-garou en 1795. Lorsque Jack Russell atteignit l’âge de 18 ans, l’ancienne malédiction commença à l’affecter et le transforma en loup-garou durant les trois nuits de la pleine lune. Depuis lors, sa vie se résume à ses tentatives pour se débarrasser de sa tragique condition de lycanthrope. Jack est un être courageux qui refuse d’abandonner sa quête d’un remède définitif, quel que soit le chemin où cette quête le mènera. Il réside actuellement dans les bas quartiers de New York où il est ingénieur dans le sanitaire. ”

Bien sûr, la trame de la série sera cette quête des origines de la malédiction lycanthropique et celle du remède qui aidera le héros à sortir de cette existence infernale. Les auteurs ayant pris le parti de la bestialité, le récit sera ponctué de visions cauchemardesques, résultat du combat intérieur que se livre Jack Russel contre l’animal qui le possède. Cependant, hormis quelques rebondissements intéressants, le récit reste fade, car dépourvu de surprise et d’émotion. Quant à la physionomie du loup-garou, elle est elle aussi affublée d’un manque total d’originalité : La bête tient à la fois des masques poilus des vieux films de loup-garou et du héros Wolverine de chez Marvel. Au passage, il pourra également nous rappeler une des nombreuses métamorphoses de Dracula dans le film de Coppola. Le résultat n’a donc rien de très enthousiasmant. Ce manque d’originalité à tout niveau n’apporte pas d’avantage à ce mythe qui pourrait pourtant offrir de nouvelles variations, peut-être pas inédites, mais tout au moins séduisantes. Pour couronner le tout, notre héros finira, comme bon nombre de ses confrères de chez Marvel, par se retrouver confronter à d’autres héros ou super-méchants coutumiers à la maison.

Werewolf by night entre donc dans la lignée des comics “ jetables ”. Dommage…

Nath Dessart