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Anne Rice's THE VAMPIRE LESTAT

Suite au succès des Chroniques d’un vampire d’Anne Rice, une maison d’édition américaine, Innovation Publishing, décide d’adapter, à partir de 1990, les trois premiers volumes en bandes-dessinées (il est utile de rappeler qu’aux Etats-Unis, il n’existe pas d’albums tels que nous les connaissons ici. Les bandes-dessinées américaines sont publiées dans des comics, illustrés souples de petit format, simplement agrafés et comprenant, en général, une vingtaine de pages).

Selon un choix des auteurs, la série ne débuta pas par «Entretien avec un vampire», mais par «Lestat le vampire». Peut-être l’engouement du publique pour le personnage de Lestat influença-t-il ce choix.
Quoi qu’il en soit, Faye Perozich se mit à l’oeuvre pour adapter et créer une version particulièrement réussie de «Lestat le vampire», une BD sur laquelle travaillèrent pas moins de trois dessinateurs (sans parler des assistants) : Joseph Lianeaus Phillips (qui, avant de travailler pour Innovation, avait déjà commencé à créer sa propre adaptation du roman), Michael Okamoto et Daerick Gross, qui donna, grâce à l’utilisation de la peinture, plus de force et de poésie aux dessins. La BD se présenta sous la forme d’une série de 12 numéros qui, réunis, comprenaient près de 400 pages (une édition complète et reliée, un «graphic novel», fut également publié en 1991).

Selon le souhait d’Anne Rice, ce fut l’acteur Rudger Hauer qui servit, initialement, de modèle physique à Lestat (les autres personnages, tels que Gabrielle, Armand et Nicolas, eurent également leurs modèles, célébrités ou simples connaissances).

La création des personnages et des décors demandèrent une foule de documents (les descriptions minutieuses que donnent Anne Rice dans ses livres apportèrent déjà une aide non négligeable qui permit aux dessinateurs de visualiser la France au 18 éme siècle, avec sa mode, son architecture, son mobilier... etc.) et de croquis préparatifs (Michael Okamoto alla même jusqu’à sculpter un Lestat en trois dimensions afin de faciliter la visualisation du personnage sous tous ses angles).

Servi par une mise en page exceptionnelle, où chaque centimètre de la planche est utilisé pour créer un ensemble de mouvements et de détails ; rendu par un dessin où la ligne, à certains moments, est accentuée pour former des arabesques qui ne sont pas sans rappeler l’Art Nouveau, ou à d’autres moments, se noie sous les coups de pinceaux, quand elle ne disparaît pas purement et simplement au profit d’un dessin flou et dilué, cette adaptation est une réussite, non seulement grâce à cette audace du dessin, mais également grâce à Faye Perozich qui a su respecter à la lettre le roman d’Anne Rice et ainsi, lui rendre hommage.

Nath Dessart