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L'histoire :
Une nuit, à la fourrière de Fontaine Avenue (Brooklyn), deux policiers sont retrouvés morts. Non pas abattus, non pas poignardés, mais déchiquetés et dévorés. Jamais encore l'inspecteur Dewey Wilson et Rebecca Neff, spécialiste en psychologie criminelle, n'ont affronté pareille vision d'horreur. Bientôt, dans le Bronx, trois autres corps atrocement mutilés sont découverts. L'on relève des traces de pattes... aux empreintes humaines ! Qui sont ces assassins ? Des animaux inconnus que la faim rend fous ? Dewey Wilson et Rebecca Neff cessent de le croire quand ils s'aperçoivent qu'ils sont eux-mêmes guettés, suivis par des " ombres " intelligentes qui cherchent à se venger.
L'avis de Simmu :
Et si nous n'étions pas les seuls êtres évolués sur Terre ?
Jusqu'à aujourd'hui, l'homme croyait être au sommet de la chaîne alimentaire. Dans son monde moderne, il n'avait plus de prédateur direct. Il ne connaissait pas la crainte de la gazelle prise en chasse par le lion. Au contraire, dans son orgueil, il se prenait pour le lion. Les philosophes disaient que désormais, l'homme n'avait pour seul prédateur que lui-même. Aussi, à l'abri des grandes métropoles, il ne craignait que les criminels dont les gestes s'expliquaient par des problèmes sociaux ou mentaux, bref, rien qui ne sorte de sa conception du monde. Mais si les villes n'étaient en fait que de superbes parcs à gibiers ? Cette masse d'humains cantonnés, tel un troupeau, dans leur semblant de sécurité ne ferait-elle pas un magnifique et facile garde-manger ?
On dit que les légendes détiennent toujours une part de vérité. Qu'en est-il de celle du loup-garou ? Les vieilles légendes disaient que les loups-garous étaient des hommes transformés en loups. Les explications rationnelles en firent des hommes déguisés en animaux ou de pauvres hères atteints d'une maladie alors inconnue et donc perçue comme monstrueuse. A nouveau, la raison avait rassuré l'homme. Et si, là aussi, il s'était trompé ? Que le loup-garou n'avait en fait rien à voir avec l'homme, ni même avec le loup ? On pensait que c'était des hommes à cause de leur intelligence et leur apparence rappelait en effet celle du loup, mais peut-être que l'intelligence n'est pas la propriété unique de l'humain. Peut-être que le loup-garou est une espèce à part, une espèce pourvue d'une grande intelligence et même d'une vie sociale. Vivant depuis toujours dans l'ombre de l'homme, il le maintient dans son ignorance, parce qu' en vérité, l'homme ignorant et dépourvu de ses armes n'est-il pas la proie la plus facile ? Il n'est naturellement muni d'aucun moyen de défense et ses sens altérés ne lui seront d'aucun secours lorsque, caché dans les ténèbres, son prédateur le guettera.
Bien que l'on ait tendance à l'oublier derrière les têtes de proue de la littérature fantastique et d'horreur, je ne le répèterai jamais assez, Whitley Strieber est un grand auteur ! Contrairement à certains écrivains, son style ne s'essouffle pas et il peut, en partant d'un même sujet, nous offrir deux romans totalement différents. En s'inspirant du mythe du loup-garou, il nous plonge, avec « Animalité », dans la magie d'un homme, devenu loup, qui doit tout apprendre de sa nouvelle condition de vie sauvage, et avec « Wolfen », il nous entraîne dans la terreur la plus primitive en nous rappelant combien nous sommes des êtres faibles. D'un autre côté, Strieber a pour originalité de mettre le lecteur aussi bien dans le camp de la proie que dans celle du prédateur. En effet, aussi monstrueux que puisse paraître cet animal intelligent, il n'en demeure pas moins un être sensé, sensible et conscient de ses actes. Il ne s'agit pas ici d'une simple menace, d'une incarnation du mal à détruire, d'un être flou, inconnu dont la mort ne laissera aucun remord. Non, car, parallèlement à l'angoisse que l'on partage avec les protagonistes traqués, on ne peut s'empêcher de comprendre et d'admirer ces créatures parfaites qui n'agissent jamais sans réfléchir à cause de l'estime qu'elles ont pour leur propre race et du devoir qu'elles ont de la protéger. Pourtant, c'est bel et bien à cause d'une maladresse de quelques-uns de leurs membres que des siècles d'effort pour entretenir leur existence cachée pourrait être réduits à néant Et c'est pour réparer cette erreur qu'il leur faudra transgresser leur déontologie et bousculer la tranquillité de leur vie. Désormais, ces créatures n'auront plus qu'un but : éliminer des témoins gênants, les inspecteurs Becky Neff et George Wilson, avant qu'ils ne parviennent à démontrer que les loups-garous existent et qu'ils sont parmi nous.
A noter au passage, une audacieuse interprétation du vampire par rapport au loup-garou qui prouve encore une fois à quel point ces deux mythes sont proches.
« Dieu ou diable » sous-titre l'édition française du roman et il est vrai que si la peur que l'on éprouve en tant que proie nous fait voir en cet animal un véritable démon, on est malgré tout en droit de se demander qui de lui ou de nous sommes les êtres les mieux aboutis et adaptés à notre environnement naturel.
Une dernière recommandation, même aux lecteurs les plus avertis : à ne pas lire seul la nuit ! Vous pourriez vous surprendre à regarder sous votre lit si quelque chose n'attend pas que vous éteignez enfin la lumière. |
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