plan de la ville
2 - LA PATHOLOGIE LYCANTHROPHIQUE

par Siggy Werewolf

Dans nos campagne, ces croyances persistent, même si chacun par peur du ridicule s'en défend ou n'en parle pas, au XXème siècle le fantastique règne encore en maître, il suffit de voir le chiffre d'affaires des voyants et des “mages” en région parisienne !

A- une approche psychologique

L'influence de la lune qui se reflète dans le miroir d'un lac peut donner naissance à des êtres diaboliques, enfants d'Hécate et de Kali, les déesses lunaires associées à la mort et à la destruction. S'il est une créature mythique qui reste soumise à l'influence de la lune, le loup garou est celle ci. Créature nocturne, ambiguë, ni homme, ni bête et les deux à la fois. La faim inappaisable qui le torture dans sa forme du loup reflète bien l'oralité agressive et destructrice, l'ambivalence est également présente, dans ce qu'il est à la fois bourreau de son environnement et victime de la destinée de ceux qui ont conclu un pacte avec le diable. Le loup garou fait peur parce qu'il est cette part animale, instinctive et incontrôlée que nous portons tous en nous. Il est le vivant reflet de notre agressivité qui apparaît toujours malgré le masque humain que nous portons.

Le loup garou transformé, libéré de son carcan d'interdits, débarrassé des contraintes du surmoi nous donne l'image de ce que serait un homme pour qui les règles sociales et morales, les tabous n'existeraient plus et qui trouverait son plaisir dans la destruction et le cannibalisme.

Un des cas les plus célèbres fut celui de Gilles Garnier, qui en 1573, se croyant transformé en loup tua et dévora plusieurs dizaines d'enfants, il fut brûlé vif à Dôle.
Le moi cède la place au ça, au monde pulsionnel, puis une fois les pulsions apaisées, le loup redevient homme face à sa culpabilité.
Pour les anciens grecs, chacun possède son propre démon, ou plutôt c'est un démon qui possède chaque homme. Ce démon est reçu à la naissance et contribue à initier la personne aux secrets de la vie. Les Pythagoriciens voyaient en ce démon l'image et le double de l'homme, ainsi le loup garou peut il être appréhendé comme le double instinctif de l'homme.

B- Identification de l’agresseur

Il est possible de faire un parallèle entre le mythe du loup-garou et l'identification à l'agresseur décrite par Anna Freud. Ainsi qu'elle l'avait observé dans les jeux d'enfants, la métamorphose symbolique de l'enfant en l'objet qu'il redoute provoque la conversion de l'angoisse en sentiment de relative sécurité, voire de plaisir, (jouer au monstre, au fantôme, au loup).
Dans le processus de la lycanthropie, on peut penser que l'individu introjecte quelque chose de l'objet d'angoisse ce qui lui permet d'assimiler un événement angoissant. En jouant le rôle de l'agresseur, en lui empruntant ses attributs ou en imitant les gestes d'agression, le sujet jusque là menacé, devient menaçant.
Dans son ouvrage “Survivre”, Bruno Bettelheim fait allusion à cette identification à l'agresseur au travers du comportement des prisonniers des camps nazis qui arrivaient à reproduire le même comportement que leurs bourreaux.
Par sa transformation-symbolique-d'homme en loup garou, l'individu, de victime devient bourreau et surmonte ainsi son angoisse, en partie bien sur.

Auteurs du Grimoire des Loups-Garous :
Nathalie Dessart
Ziggy Werewolf