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4 - FAITS ET LEGENDES
Dans la région de Vernou, près de la ferme de Villeneuve, un vieil homme était passeur sur le Beuvron. Un pont fut construit et le grand père fut chargé de veiller à ce que personne ne le traverse tant que les essais de sécurité n'étaient pas terminés. Des prêtres voulurent tout de même passer et le vieil homme leur interdit le passage. En partant, les prêtres dépités lui dirent : Tu passeras toi-même le pont ... ou bien tu ne dormiras plus. Quelques temps après, le passeur vit courir un loup garou qui, des nuits entières, passait sur le pont, battait les chiens et menait grand tapage. Cela dura jusqu'au jour où le grand père enfourcha le monstre. (Claude Seignolle - En Sologne)
A la fin du XVIème siècle, quatre loups-garous furent arrêtés en Franche Comté, à la suite de dénonciations réciproques. Ils avouèrent avoir assassiné plusieurs enfants à Longchaumois et Oussieres, et ce pendant plusieurs années. Ces meurtres furent confirmés par les parents des victimes qui croyaient que c'était la l'oeuvre des loups.
Dans une ferme de Sainte Montaine, en hiver, un chien énorme venait regarder traire les vaches. Il était impossible de le faire partir et son regard était tel que le fermier n'osait sortir pour le chasser. Il fit bénir du plomb et un soir que le chien était venu faire sa mystérieuse observation, l'homme le tua d'un coup de fusil. Deux jours après, on enterrait un vieux du pays qui avait mauvaise réputation. Il était mort étrangement, percé de petits trous comme s'il avait reçu une décharge de chevrotine.
On devenait loup-garou, si on était mordu par un tel monstre, si on était le septième enfant d'une famille, si on était excommunié ou n'était pas allé à l'Eglise depuis dix ans, si on mangeait de la chair un Vendredi saint, si on concluait un pacte avec le diable au terme duquel il vous remettait un onguent ou une peau de loup.
Plus près de nous, des réminiscences de la légende ont survécu parfois de façon dramatique. Un curé des Landes déclarait très sérieusement en 1904 : Nous comptons dans notre village trente trois sorcières et vingt sept loups garous.... Ce que ce brave curé a omis de dire, est que, jusqu'à la Révolution, les prêtres pouvaient, avec l'accord de l'Evèque bien sur, lancer un sort sur des criminels que la justice n'avait pu arrêter et lorsqu'un crime grave avait été commis et restait impuni. On appelait cela les Quérémonies (une cérémonie spéciale !!). Pour illustrer cela, voici une histoire racontée par Jean Cuisenier dans son ouvrage Récits et contes de Normandie : Un honnête cultivateur de Tourques fut assassiné près de Fontenay. Les assassins poussèrent son cadavre sous la glace d'un fossé sur le bord d'un grand chemin allant d'Argentan à Boué. La Justice poursuivit mais ne put atteindre les criminels. Un curé, parent du défunt, tira les Quérémonies et les assassins furent changés en loups-garous. Tous les soirs au coucher du soleil, les criminels maudits allaient se vêtir de la Hure (la peau de loup) et couraient la galipote toute la nuit...
En 1925, la population d'Uttenheim (bas Rhin) soutint un garde champêtre, accusé d'avoir tué un enfant qui s'était transformé en loup garou !!
Un cantonnier de Saint André de Briouze, se constitua prisonnier en 1948, après avoir tué un sorcier jeteur de sorts et loup garou.
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