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1-INTRODUCTION

« LA MORT ENGENDRE LA MORT »
Ancienne croyance populaire


En 1484, le pape Innocent VIII (211e pape. Gênes, 1432 ; Rome, 1492. Souverain pontife : 1484-1492) approuve la publication de Malleus Maleficarum ou Le Marteau des Sorcières (publié pour la première fois à Strasbourg en 1486). L’ouvrage, réédité plus de trente fois entre 1487 et 1669, fut rédigé par deux dominicains de l’ordre des Frères prêcheurs et inquisiteurs, Jakob Spenger (1436-1496) et Heinrich Kramer dit Henri Institor (1430-1505), ayant enquêté sur les succubes, incubes et revenants. L’ouvrage comporte ces quatre parties distinctes : identification de la sorcellerie à une nouvelle hérésie ; analyse des sortilèges et des maléfices ; modes de répression envisagés, systèmes d’interrogatoire et recours à la torture ; application éventuelle des exorcismes. En fait, les auteurs ont recueilli sans discernement les pires ragots villageois, servant ainsi à affirmer la puissance des maléfices et des envoûtements, la réalité de l’incuba et des oblations d’enfants à la Puissance des Ténèbres : par leur obscénité inconsciente et le surréalisme de leurs propos, certains passages du Marteau des Sorcières atteignent une sublime perfection de la sottise, c’est un véritable mélange de grotesque et de terrible qui menait directement au bûcher. Mais, l’approbation papale provoque, à l’époque, l’effet d’un coup de tonnerre : l’Eglise reconnaît officiellement les morts-vivants. Il n’en fallait pas plus pour déchaîner les esprits.

Le mythe du vampire est né avec l’Humanité. Tous les peuples, toutes les cultures ont des légendes et des superstitions concernant les suceurs de sang.
Ce mythe apparaît sous des formes multiples et prend sa source dans de nombreux documents censés rapporter des faits réels : récits, témoignages, croyances et faits-divers. La peur qu’inspire le vampire ne sort donc pas tout droit de notre pure imagination.
Dans l’Egypte Ancienne, le culte des morts imposait des cérémonies complexes. On trouve des cas comparables dans des civilisations aussi éloignées que la Chine, le Brésil, L’Afrique du Sud, l’Indonésie ou les Philippines. Cependant, les pays d’Europe Occidentale ont été très peu touchés par le phénomène jusqu’au XVIIIème siècle.
Les vampires ne semblent donc n’avoir épargné aucune terre émergée, aucune époque et aucune société humaine.
L’Homme Moderne s’est éloigné depuis longtemps de ses profondes intuitions, ces abysses mystérieux et émotionnels qui se passent de la raison. Le vampire, lui, prend justement naissance de ces régions incertaines de l’inconscient, n’en exprimant que quelques vagues mais signifiantes réminiscences.
Le vampire est un fantasme humain. C’est l’homme parfait qui assume ses instincts : la chasse, le sadisme. En plus de cet aspect animal, il donne ses lettres d’honneur au romantisme et renoue avec les valeurs bafouées. Une chose est sûre : ce personnage est tellement fascinant qu’il est universellement connu. Chaque culture, chaque personne a une conception du vampire qui lui est propre.

Auteur du Grimoire des Vampires :
Cecilia Jamart

jamart.cecilia@wanadoo.fr


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